Figures de l'extase : Eisenstein et l'esthétique du pathos...

Éditeur MIMESIS
Collection : Images, médiums

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« La sortie hors de soi est nécessairement le passage à quelque chose d'une qualité différente, quelque chose de contraire à ce qui précède (l'immobile devient mobile, le muet sonore). »S. M. Eisenstein, La Non-Indifférente Nature« Dans mes films, on fusille des foules de gens, on fait broyer par des sabots de chevaux les crânes d'ouvriers agricoles qu'on a ensevelis dans la terre jusqu'au cou après les avoir attrapés au lasso (Que viva Mexico !), on écrase des enfants sur les escaliers d'Odessa, on les jette des toits (La Grève), on les fait tuer par leurs parents (Le Pré de Béjine), on les jette dans des teilles en flammes (Alexandre Nevski) ; [...] un cheval fusillé pend d'un pont qui s'ouvre (Octobre), et des flèches s'enfoncent dans les corps attachés à une palissade sous Kazan assiégée. »S. M. Eisenstein, MémoiresLes deux péons du film inachevé Que viva Mexico ! (voir l'image de couverture) incarnent plastiquement le conflit pathétique à l'oeuvre dans toute figure de l'extase conçue par Sergueï Eisenstein. D'une part, ces corps suppliciés témoignent de la cruauté insensée de la torture qu'ils subissent (ensevelis dans le terrain et piétinés par des chevaux). D'autre part, ils figurent le thème politique du martyre du prolétariat : avec leur mort, ils permettront la résurrection d'un peuple entier. En s'appuyant sur l'analyse des principales étapes de l'oeuvre d'Eisenstein, cet essai se propose d'interroger et de comprendre la lutte déchirante, la contradiction dionysiaque en acte dans toute image extatique, toujours oscillante entre la dimension régressive, prélogique de l'art ; et la puissance productive, efficace d'un cinéma capable d'accéder à l'expérience d'une véritable transcendance extatique pour le spectateur.

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